Dunes, grottes et temples de Dunhuang

Ancienne oasis et ville stratégique majeure de la route de la soie, Dunhuang a été notre dernière étape en Chine avant de nous envoler pour le Tadjikistan et revenir en Asie Centrale. J’avais rêvé d’y aller lors de mon premier voyage en Chine deux ans plus tôt, mais une fonctionnaire zélée / emmerdeuse à Lanzhou avait refusé à l’ami avec qui je voyageais de lui prolonger son visa suffisamment tôt, ce qui nous avait forcés à revenir à Pékin. Dunhuang reste pour moi un très bon souvenir, avec à la fois l’extrême inflexibilité du tourisme en Chine au niveau des dunes, puis la liberté que nous sommes allés nous chercher près des grottes de Mogao. Ca a aussi été encore un nouvel élément pour avoir envie de voyager en Afghanistan et être un peu plus fasciné par ce pays.

Après avoir fait chou blanc dans notre tentative de rester un peu à Xining, nous avons obtenu in extremis des couchettes dans le train pour Dunhuang à la gare de Lanzhou. Nous y avons fait la connaissance de Jussi, sympathique finlandais qui voyageait autour de l’Asie et avec qui nous avons passé quelques jours. Comme dans tous les trains chinois, tout s’est bien passé, même si celui-là était plus rustique que sur d’autres lignes longue distance. La gare de Dunhuang est située à une vingtaine de kilomètres de la ville, et malgré ce qu’en disent les chauffeurs de taxi, il y a bien un bus public qui mène au centre-ville pour quelques yuans.

Attractions autour de Dunhuang

Grottes de Mogao

A l’époque glorieuse où la ville était une ville étape stratégique sur la route de la soie, Dunhuang s’est énormément enrichie, ce qui a mené certains marchands à faire décorer des grottes à la gloire de Bouddha. Oubliées pendant des siècles, elles ont été redécouvertes au 19ème siècle et rénovée avec plus ou moins de goût par des français tel que leur imagination leur représentait les grottes. La visite se fait obligatoirement avec un guide, et comprend la visite du musée. Je suis rarement favorable au principe du guide obligatoire, mais ici, cela vaut vraiment le coup. Les informations données par la guide étaient très intéressantes et le musée aussi. Le clou reste la visite de l’une des plus vieilles grottes dont les couleurs sont resplendissantes malgré leurs 1000 ans bien passés. L’idée que le bleu utilisé provienne de carrières de lapis lazuli afghan a bien évidemment réussi à me faire rêver d’aller voir ce pays.

Grottes de Mogao, Dunhuang - Voyage-Asie-Centrale.net

Dunes de sable

Après les grottes de Mogao, les touristes viennent à Dunhuang pour voir le lac du croissant de lune. Comme son nom peut le laisser penser, il s’agit d’un lac, mais qui a l’originalité d’être au pieds des dunes avec un peu de végétation et un temple sur ses rives. Nous n’y sommes pas allés et ne l’avons vu que de loin. Nous avions un peu de mal avec l’idée de payer 15-20€ pour aller voir un temple au pied des dunes alors que ces mêmes dunes étaient juste derrière notre auberge, la bien nommée Dune Guesthouse, qui en plus d’être proche des dunes est aussi un endroit très calme et convivial, chaudement recommandé. Encadrement du tourisme oblige, il y a une barrière pour s’assurer que tout le monde paie pour aller voir les dunes. Il suffit de suivre cette barrière pendant 5-10mn avant de pouvoir aller enfin marcher sur les dunes. Mieux vaut y aller vers le lever ou le coucher du soleil pour voir les familles locales venir y jouer avec leurs enfants, et ne pas avoir à subir les tentatives d’intimidation de la police qui veut forcer tout le monde à payer beaucoup trop d’argent pour marcher sur les dunes. Deux jeunes voyageurs chinois rencontrés à l’auberge se sont d’ailleurs faits arrêtés pour avoir sauté par-dessus la barrière. Voyant qu’il s’agissait d’enfants de bonne famille qui étudiaient à Singapour, les autorités locales les ont laissés tranquilles, mais mieux vaut ne pas trop jouer à sauter par-dessus la barrière, et à la place marcher un peu.
Dunes de Dunhuang - Dunhuang, Gansu |  Voyage-Asie-Centrale.net

Balade dans les collines proches des grottes de Mogao

Lors de notre visite des grottes, j’avais remarqué depuis le parking un petit chörten qui tombaint un peu en ruines et qui me faisait très envie. Nous y sommes allés en fin d’après-midi pour appréhender un peu la distance et la difficulté, et avons découvert un autre temple au loin. C’en était assez pour nous convaincre de nous lever à l’aube le lendemain matin pour partir à l’aventure en évitant la chaleur. Ayant fait le plein d’eau et de nourriture, nous nous sommes engagés vers le chörten, signe de l’appartenance au Tibet il y a quelques siècles. Nous nous sommes ensuite improvisés un chemin vers un temple étonnamment encore parfois utilisé d’où nous avions une vue superbe sur toute la région : à droite un désert plat, en face de nous les grottes de Mogao avec plus loin l’oasis de Dunhuang, et vers la gauche des collines arides proches de nous, puis d’immenses dunes de sable, et enfin au loin des sommets enneigés. Et surtout : nous n’étions que quatre! Pas le moindre groupe de touristes à l’horizon ni le moindre bruit! Depuis ce temple, nous avons ensuite continué sur un chemin très bien balisé d’où nous avons ensuite bifurqué dans un petit canyon sans trop de garanties sur où cela nous mènerait. Bien nous en a pris puisque nous sommes tombés sur les ruines d’un batiment logé au creux du canyon. Ne trouvant plus trop de chemin, nous avons juste suivi ce qui peut parfois être le lit d’un ruisseau et sommes arrivés sains et saufs au parking des grottes. C’était pour nous quatre la première fois que nous pouvions explorer un endroit complètement librement en Chine, et cela reste un des grands moments de ce voyage pour moi.

 

Temple devant les grottes de Mogao près de Dunhuang | voyage-asie-centrale.net Ancien chörten près des grottes de Mogao près de Dunhuang | voyage-asie-centrale.net Ancien chörten près des grottes de Mogao près de Dunhuang | voyage-asie-centrale.net
Balade près des grottes de Mogao, près de Dunhuang | voyage-asie-centrale.net Balade près des grottes de Mogao, près de Dunhuang | voyage-asie-centrale.net Balade près des grottes de Mogao, près de Dunhuang | voyage-asie-centrale.net
Send to Kindle

Cité Interdite à Pékin

Symbole du pouvoir central depuis sa construction par l’Empereur Yongle, la Cité Interdite est surtout un endroit fascinant par son gigantisme et l’impression de puissance qu’elle devait donner aux visiteurs. Versailles passe pour une petite cour de récréation à côté! Anciennement assez sacrée pour qu’il soit interdit au peuple de seulement la regarder, la Cité Interdite accueille aujourd’hui des centaines de milliers de touristes chaque année, et l’agitation qui vient avec.

Cité Interdite de Pékin | Voyage-asie-centrale.net

 

Visite et conseils

La première cour de la Cité Interdite est ouverte au public, et c’est là qu’on y achète ses billets. Il est possible de les prendre en avance pour le lendemain, pour espérer avoir un peu de calme en arrivant à l’ouverture.

On passe par une première fortification, et on arrive dans l’immense cour extérieure, où l’empereur recevait les ministres et présidait les cérémonies officielles. Les pavillons successifs étaient réservés à des personnes de rang plus ou moins élevés selon leur distance avec la Cour Intérieure, qui constituait l’espace de vie de l’empereur et sa famille.

On ne va pas s’en cacher, les touristes chinois sont bruyants et peu patients, ce qui mène généralement à de grandes cohues devant chaque pavillon pour pouvoir photographier le trône à l’emplacement idéal. Tant pis si quelqu’un essaie déjà de regarder ou faire une photo : un coup d’épaule fera l’affaire pour s’en débarasser. Cette foule est une excellente excuse pour aller découvrir les côtés du palais. On y retrouve plusieurs petits musées thématiques, notamment celui très intéressant sur la caligraphie, qui fait un parallèle entre la rébellion de certains scribes au 19ème siècle et la montée de l’impressionnisme en Occident, grâce aux calligraphies devenues moins précises en signe de protestation. On peut aussi recommander le petit musée des concubines.

Une autre partie intéressante est les jardins, dans l’extrême nord de la cité, avec des arbres et des constructions sponsorisées par des entreprises comme Volkswagen ou American Express. Mao et les empereurs doivent se retourner dans leur tombe.

Nous avons tenté l’entrée peu après l’ouverture et en fait, ce n’est pas tant un bon plan puisque la plupart des groupes touristiques font leur visite plutôt le matin. Une visite l’après-midi peut aussi valoir le coup, notamment quand à partir de 16h les groupes commencent à partir et la lumière commence à baisser, donnant un joli ciel.

Photos de la Cité Interdite

Cité Interdite de Pékin | Voyage-asie-centrale.net Cité Interdite de Pékin | Voyage-asie-centrale.net Pavillon de la Cité Interdite à Pékin - Voyage-Asie-Centrale.net
Cité Interdite à Pékin | voyage-asie-centrale.net Cité Interdite de Pékin | Voyage-asie-centrale.net Cité Interdite de Pékin | Voyage-asie-centrale.net
Send to Kindle

Montagnes sacrées de Hua Shan

Montagnes sacrées de Hua Shan

La marche près des remparts de Xi’an nous avait beaucoup plu et dans le temps qu’il nous restait à passer dans les environs, nous avons préféré les montagnes sacrées de Hua Shan, qui sont parmi les 5 montagnes sacrées du taoïsme à l’Armée des Soldats de Terre Cuite. L’émerveillement fut au rendez-vous mais ce fut un rappel un peu trop fort à notre absence de condition physique après un peu plus d’un mois de voyage.

Montagnes sacrées de Hua Shan - Shaanxi, Chine
Pour 30 yuan, un bus partant de la place devant la gare ferroviaire nous a menés à Hua Shan en environ deux heures, en nous déposant sur une rue qui mène directement au point de départ pour le sentier. Nous avions prévu de ne faire le trajet qu’à pied, en dormant dans l’une des auberges présentes aux sommets. Après un bon plat de nouilles chez une gentille dame dans la rue principale, il ne nous restait plus qu’à nous mettre en action, et c’était parti.

L’entrée du parc national coûte 180 yuan pour tout le monde. Ceux qui voudront monter en téléphérique jusqu’au Pic Nord devront payer 80 yuan pour un aller simple et 150 yuan pour un aller-retour. L’entrée dans le parc peut se faire 24h/24 et tous les jours de l’année. Voulant faire ça dans les règles de l’art, nous avons pris le chemin piéton, avec ses légendaires escaliers. Le trajet est extrêmement simple avec un sentier très bien balisé, bien éclairé pour ceux qui font ça la nuit. Après la pollution de Xi’an, c’est extrêmement agréable de pouvoir être dans de la nature, avec de grandes montagnes très raides et couvertes de végétation. Au fond de la vallée coule une petite rivière. Le tout dégage une bonne sérénité, surtout quand on part dans l’idée romantique d’un lieu de pélerinage sur des montagnes sacrées du taoïsme. Malheureusement, la Chine étant la Chine, et c’est l’un de ses défauts, le silence est quelque chose de tout à fait incompris des locaux, qui prennent un malin plaisir à crier pour tester l’écho. Evidemment, il suffit qu’un fasse ça pour que deux ou trois autres idiots essaient si l’écho marchent aussi pour eux. Pourquoi être en silence si on peut faire du bruit?

Hua Shan traine une grosse réputation de zone dangereuse niveau balade, et dans l’ensemble, le tout est vraiment simple et très bien balisé. Le seul point où je me suis fait des frayeurs, aura été à l’escalier des 1000 pas. C’est une section qui part de façon très raide sur des marches étroites et basses, et que je soupçonne de pouvoir devenir très facilement glissante avec un peu trop d’humidité. Il y a certes une chaîne qui aide à se tenir pour grimper en toute sécurité, mais il ne fait tout de même pas bon tomber de là-haut, d’autant que les secours ne peuvent arriver qu’à pied… Quelques centaines de marches et 2h30 plus tard, nous arrivons au sommet du Pic Nord. Etant partis de la ville vers 15h, notre timing pouvait difficilement être meilleur puisqu’en plus d’arriver pour le coucher du soleil, c’est aussi le moment où tous les cars de touristes redescendent en téléphérique. Nous nous retrouvons donc quasiment seuls avec cette belle lumière. Nous jetons nos sacs à l’auberge où nous payons 60 yuan pour un lit en dortoir et allons profiter des lieux. Nous nous retrouvons à être une petite dizaine éparpillés dans les environs du Pic Nord, en silence, avec une jolie lumière douce. Les nuages couvrant la plaine permettent de ne voir que les pics et c’est vraiment beau. Le temps de refaire un peu le monde avec un groupe d’étudiants québecois, et on file se coucher, avec comme objectif le lever de soleil lendemain.

Deuxième jour à Hua Shan

Nous nous levons à l’aube juste à temps pour profiter des restes du lever de soleil. Nous avons le privilège d’avoir le Pic Nord juste pour nous, par un temps ensoleillé. La légère brume cache la vallée et donne des effets d’ombres très jolis en contre-jour. Luxe suprême, une fois le soleil assez haut, nous prenons le petit déjeuner tranquillement à l’une des tables, avec juste le bruit des oiseaux et de l’exposé d’une étudiante canadienne. Tout s’annonce plutôt bien jusqu’à ce que nous entendions le téléphérique être réactivé. Ce bruit est plutôt de mauvaise augure car bien qu’il soit à peine 8h, ça annonce l’arrivée prochaine des premiers touristes chinois bruyants et indisciplinés, tout à leur excitation d’être en vacances.

Lever de soleil à Hua Shan - Shaanxi, Chine Lever de soleil à Hua Shan - Shaanxi, Chine Lever de soleil à Hua Shan - Shaanxi, Chine
Lever de soleil à Hua Shan

Le petit déjeuner pris, nous partons à l’assaut des trois pics restants. La balade est un enchainement d’escaliers en très bon état, tous bien protégés par une chaîne qui évite que n’importe qui aille n’importe où faire n’importe quoi. A certains endroits, des couples ont attaché des rubans rouges (la couleur de la chance et la fortune) avec leurs noms dessus, ou des cadenas. L’objectif est de poser ces voeux en espérant que cela portera chance dans la conception d’un enfant rapidement, et de préférence un petit garçon.

Montagnes sacrées de Hua Shan - Shaanxi, Chine Montagnes sacrées de Hua Shan - Shaanxi, Chine Montagnes sacrées de Hua Shan - Shaanxi, Chine
Escaliers colorés de Hua Shan

Notre première étape est le Pic Est, réputé étant le plus beau, à juste titre. Nous avons la chance d’y être suffisamment tôt pour avoir l’endroit juste pour nous. Sab a été plus courageuse que moi en allant à la petite construction au bout d’un sentier nécessitant des sécurités de via ferrata. Elle s’y est fait quelques frayeurs pendant la descente et n’étant pas très grande, tout n’a pas toujours été très facile pour elle, mais ça valait le coup. Elle s’y retrouve seule, à pouvoir profiter du superbe panorama en toute quiétude.

Pic Est des montagnes de Hua Shan - Shaanxi, Chine Pic Est des montagnes de Hua Shan - Shaanxi, Chine Pic Est des montagnes de Hua Shan - Shaanxi, Chine
Pic Est de Hua Shan

Ce sera le plus proche que nous aurons vu des aventures possibles à Hua Shan. Nous avons préféré éviter les célèbres planches par crainte du vertige et surtout des gens autour de nous, vu le manque de discipline des touristes chinois, et leur nombre. En plus, nous commencions à avoir mal aux jambes et il commençait à se faire tard. Nous passons ensuite plus rapidement aux deux autres pics, histoire de dire que nous les avons tous vus. Après le Pic Est, les autres paraissent prsque fades, d’autant qu’il y a déjà pas mal de monde. C’est très beau, mais il y a un peu trop de touristes et on commence déjà à être assez fatigués.

Chinglish au Pic Sud de Hua Shan - Shaanxi, Chine Montée vers le Pic Ouest - Hua Shan, Shaanxi Temple au Pic Ouest de Hua Shan - Shaanxi, Chine
Chinglish au Pic Sud Montée vers le Pic Ouest Temple au Pic Ouest

Nous redescendons rapidement et à mesure que nous descendons, nous regrettons âprement de ne pas avoir pris plus d’eau (juste 1L ou 1,5L pour deux…) puisqu’il doit faire facilement 25°C, et la descente demande beaucoup d’efforts. Nous avons malgré tout honte de nous plaindre en voyant des porteurs approvisionner les magasins qui bordent le chemin en portant sur leurs épaules des bouteilles d’eau ou autre objets lourds. Le summum aura été deux porteurs qui montaient un générateur d’électricité au diesel, suivi par un autre qui montait le fameux diesel qui allait avec. Cette descente sera la cause de violentes courbatures qui nous auront tenu facilement une semaine après la randonnée et qui nous ont fait des frayeurs dès que nous approchions d’un escalier ou juste d’un trottoir à monter. Nous repartons malgré tout heureux de Hua Shan, satisfaits d’avoir fait l’aller-retour à pied comme les vrais, mais épuisés par les escaliers. Une visite à recommander à toute personne qui passe à Xi’an!

Le Sentier des planches de Hua Shan

Hua Shan doit sa réputation de lieu dangereux de randonnée essentiellement à ce sentier, le reste étant très sûr et bien organisé. Pour donner une idée de ce à quoi ça peut ressembler, voici une petite vidéo :

Conseils de survie à Hua Shan

    • Apporter beaucoup d’eau : on en trouve partout sur le trajet, mais plus on monte, plus elle coûte cher. Il ne faut surtout pas sous-estimer le besoin en eau en descendant. C’est notre insistance à ne pas payer une fortune pour une bouteille au retour qui nous a valu une semaine de courbatures.
    • Apporter à manger : tout comme l’eau, plus on monte, plus c’est cher, jusqu’à 5 fois le prix normal pour un simple bol de nouilles lyophilisées.
    • Arriver en fin d’après-midi et rester sur place : il est possible de dormir à un prix très raisonnable en haut au Pic Nord (à l’arrivée du téléphérique), et au Pic Est où la vue est magnifique. Ca permettra aussi de profiter des lieux sans les hordes de touristes qui partent tous avec le dernier téléphérique, et le matin d’être seuls sur les sentiers avant que ces mêmes touristes arrivent par le même téléphérique
    • Monter avec le téléphérique : ça peut valoir le coup dans la mesure où on utilise le même chemin à l’aller et au retour. Ca fera la différence pour ceux qui n’ont pas envie de faire trop d’efforts.

Send to Kindle