Boukhara ou notre début sur la Route de la Soie

Après plusieurs kilomètres de désert, on commence à voir un peu de végétation se développer à l’approche de l’oasis de Boukhara. Je comprends la joie et le soulagement que devait être la vue de la ville pour les caravanes sur la route de la soie après plusieurs jours à traverser ce désert horriblement monotone, et au final presque moche. A la gare, on s’attend à ce que les chauffeurs de taxi nous sautent dessus, et ce n’est pas le cas, du moins aucun n’insiste. Peut-être qu’il est trop tôt et qu’ils sont mal réveillés. A la place, Faysaldin nous emmène pour notre premier trajet en marshrutka, qui sont en fait des taxis collectifs qu’on peut attraper et quitter à tout moment. C’est un peu galère de faire rentrer les bagages de tout le monde, mais finalement on y arrive. Une trentaine de kilomètres plus tard, nous voilà dans le vif du sujet.

Liab-i-Hauz - Bukhara, OuzbekistanLa marshrutka nous dépose juste devant Liab-i-Hauz, qui est un peu la place centrale de Boukhara. C’est un grand bassin entouré des muriers qui ont fait la richesse des producteurs de soie. D’après les panneaux sur ces arbres, ils auraient été plantés au 15ème siècle, et ils sont simplement superbes. Ces bassins faisaient office de réservoirs d’eau et il en existait de nombreux bassins similaires dans Boukhara mais étant un vecteur de propagation de maladies, ils ont été progressivement comblés. Désormais Liab-i-Hauz est un point de repère facile et est entouré de restaurants proposant des shashliks et autres spécialités locales aux visiteurs. Après avoir été visiter l’auberge d’un local, nous nous dirigeons finalement vers l’auberge que nous avions choisie dans le Lonely Planet : la Mubinjon Guesthouse. Le guide le décrit comme un personnage extravagant mais qui sait se faire comprendre malgré son anglais limité. C’est absolument vrai dans les deux cas. Physiquement, c’est un mélange de Dominique de Villepin et un mafieux russe, avec les dents en or qui vont avec, toujours avec un peigne dans la poche pour se recoiffer les cheveux bien en arrière. Pour la personnalité, c’est vraiment quelqu’un qui fait l’unanimité parmi les gens qu’on a rencontrés et qui sont passés chez lui. Il a toujours une blague sur tout, et des expressions qui auront marqué tout le monde : par exemple, quand il trouve quelqu’un intelligent, il l’appelle « computer japanese », etc. Les japonnais sont d’ailleurs une de ses cibles préférées, avec les israéliens qui suivent de près.  En gros, si une connerie doit être faite dans son auberge, elle aura quoi qu’il arrive été faite par un japonnais. Tout le monde le compte parmi les bonnes raisons d’avoir adoré leur séjour à Boukhara. Son auberge est une maison traditionnelle de marchands de la route de la soie typique de Boukhara. Une grande cour entourée de chambres assez basiques, avec au milieu, un grand murier. C’est un petit paradis dont le seul défaut est qu’il n’y a pas de douche. Ca nous permettra quelques jours plus tard de finir dans un hammam, qui était aussi un autre excellent souvenir de Boukhara. A peMaison traditionnelle - Vieux Bukhara, Ouzbekistanine arrivés, il ne nous laisse d’autre choix que d’accepter une salade de blé, riz, lentilles et oignons au petit déjeuner, ce qui est un peu dur. Par contre, c’est notre première rencontre avec la « cérémonie » du thé en Ouzbékistan (et Asie Centrale en général). Avant de nous servir, Mubinjon verse un peu de thé dans une tasse puis remet le tout dans la théière, trois fois. Ensuite, comme il se doit, en signe d’hospitalité, il nous remplit les tasses seulement à moitié. Remplir les tasses à moitié est un signe de respect envers les hôtes puisque ça montre qu’on veut s’assurer que leur thé sera toujours bien chaud. Une tasse trop remplie indiquerait qu’on veut que la personne parte. C’est le protocole. Et pour éponger le tout, nous goûtons notre premier pain ouzbek, qui est un vrai délice et une institution dans la région. Tout le monde s’improvise boulanger et/ou a un four devant chez lui, et il est fréquent de voir des voitures arrêtées sur le bas-côté avec le coffre plein de pain à vendre.

Mosquée Koudelkash - Bukhara, OuzbekistanLe mauvais temps et la fatigue nous incitent à passer quelques heures à dormir avant d’aller nous balader dans le labyrinthe de la vieille ville de Boukhara. De Liab-i-Hauz, nous nous baladons un peu et commençons à voir les mosquées à dômes bleus qui font la renommée de Boukhara et de l’Ouzbékistan. Juste derrière la place, nous nous dirigeons vers la mosquée Koudelkash. En plus d’être un arrêt majeur sur la route de la soie, Boukhara était aussi un grand centre religieux avec de nombreuses mosquées et médersas, les écoles coraniques. En pénétrant dans Koudelkash, nous avons eu la grande surprise de voir qu’elle avait été transformée en magasin de souvenirs à ciel ouvert. Dans les alcôves qui étaient les cellules chambres des étudiants, on retrouve maintenant des vendeurs de tapis et autres souvenirs. Malgré tout, avec le petit jardin en plein milieu, on se dit que ça devait quand même faire un bon endroit pour prier et méditer. Le ciel couvert nous pousse à ne pas rester trop longtemps pour éviter d’être trop frustrés pour la photographie, donc on repart vers ce qui était jadis l’un des marchés de Boukhara, le Caravansérail Koulita qui lui aussi vend principalement des souvenirs, ce qui est de plutôt bonne guerre dans un lieu aussi touristique (pour les critères ouzbeks, parce qu’il n’y a jamais vraiment foule). On se prend à rêver de ce à quoi devait ressembler ce marché à l’époque, avec des marchandises laissées par les caravanes. Même si les produits ont changé, ce marché a quand même gardé beaucoup de charme et une ambiance assez spéciale. Nous commençons à nous sentir sur la route de la soie!


 

Vieille ville de Bukhara - Ouzbekistan

 

Caravansérail Koulita - Bukhara, Ouzbekistan

 

Khanaga Nadir Divanbegi - Bukhara, Ouzbekistan

Vieille ville de Boukhara Entrée du Caravansérail Koulita Khanaha Nadir Divanbegi


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4 commentaires sur “Boukhara ou notre début sur la Route de la Soie

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