Visas et démarches administratives à Tashkent

Circulation en Asie Centrale Toute personne qui a transité par l’Ouzbékistan pour un voyage de longue durée à travers l’Asie Centrale a quasiment forcément eu le problème : comment obtenir les visas tant espérés? Quels sont les délais? Est-on bloqués à vie à Tashkent?



Rentrés de Samarcande le dimanche soir, nous avons ensuite perdu passé une semaine à Tashkent à attendre de faire nos visas pour continuer le voyage. Au-delà des visas que nous avons dû faire faire (Kazakhstan, Tadjikistan et Chine), nous avons pu recevoir quelques informations sur les pays suivants à l’époque où nous y étions, donc fin avril 2010. Tous les paiements se sont faits en dollars (et pour corrompre les policiers, les sum doivent aussi marcher, ils prennent tout ce qui passe de toute façon) :

  • Kazkakhstan : c’est le premier visa que nous avons essayé d’avoir. Nous nous y sommes pris à deux fois pour pouvoir poser nos dossiers. Il faut s’inscrire sur une liste pour faire une demande de visa et nous sommes malheureusement arrivés trop tard le lundi matin. Dans la queue, nous avons retrouvé des gens qui étaient avec nous à l’auberge au Bahodir à Samarcande, et vu une scène qui ne nous a pas tant surpris que ça. Le directeur de l’hôtel où nous avions passé notre première nuit à Tashkent est arrivé en fin de matinée aider deux occidentaux qui voulaient eux aussi un visa. Après quelques minutes de discussion avec un des policiers qui gardaient l’ambassade, ces deux jeunes gens ont pu rentrer déposer leur visa. Nous étions forcément scandalisés, surtout quand ils étaient très fiers de dire que ta place dans une liste d’ambassade dépend de combien tu paies pour ça. En payant, ils sont donc passés devant des gens qui avaient besoin d’aller voir leur famille ou travailler. Outrés, nous retournons tôt le lendemain matin à l’ouverture pour être haut sur la liste, mais même en arrivant à 7h (pour une ambassade qui ouvre à 9h) nous étions les dixièmes sur la liste. Le visa prenait à l’époque deux journées (on le dépose le matin et on le récupère le lendemain après-midi), et le mercredi après-midi, nous avons eu la joie de retrouver les deux occidentaux qui n’avaient pas de problème à payer les policiers qui attendaient aussi. Ce n’était que justice de voir qu’ils avaient payé pour rien et avaient perdu une journée aussi!
  • Tadjikistan : encore euphoriques de l’obtention de notre visa kazakh, nous avons foncé à l’ambassade du Tadjikistan où nous voulions tenter notre chance après les expériences plutôt bonnes d’un autrichien rencontré à Samarcande. Il avait eu son visa tadjik en quelques minutes, peu avant la fermeture de l’ambassade, en étant accueilli avec le sourire. Nous croyions très peu que la même chose allait se reproduire, mais la bonne nouvelle était qu’il n’y avait plus besoin de lettre d’invitation pour entrer dans le pays. Les gardes semblaient pas mal éméchés en cette fin de journée, et une chose en amenant une autre, nous avons inévitablement parlé de football et l’un d’entre eux nous a fait part de sa conviction que Zidane mangeait du plov avec Hitler. Je ne suis pas sûr que sa vodka était si légale ou saine… L’obtention s’est faite très simplement, avec un dépôt le jeudi matin (avec un garde qui nous a honteusement fait passer devant tout le monde, et une jeune russe qui comme il se doit met un gros coup d’épaule à un type plus âgé en le croisant et ne s’excuse pas). Nous avons ensuite récupéré les visas l’après-midi même.
  • Chine : comme il ne nous restait plus que quelques jours de visa ouzbek et que nous en avions marre de faire la tournée des ambassades, nous avons fait le visa chinois en une journée (au lieu de trois normalement) en payant le bonus. De toute façon, payer le supplément revenait à moins cher que de payer pour un logement pour les jours nécessaires. C’est sûrement l’ambassade où ça s’est le mieux passé. Tout était bien organisé, calme, sans problèmes. Les employées ont même gentiment été chercher des dépliants de voyage quand nous leur demandions où nous pouvions acheter le Lonely Planet de la Chine.
  • Afghanistan : la légende urbaine sur cette ambassade est que le cycliste qui a été prendre son visa là-bas a été accueilli avec du thé avec un grand sourire : l’ambassade d’Afghanistan avait enfin des touristes à qui délivrer un visa! Le tout lui aura pris 20mn et coûté 10$. Pour ceux que l’aventure afghane tente, le principal problème ne sera donc pas l’obtention du visa!
  • Kirghizstan : en pleine période de révolution, la question de l’entrée au Kirghizstan ou pas était sur toutes les lèvres. Le cycliste qui avait eu son visa pour le Tadjikistan nous a raconté le laxisme certain dont les employés ont fait preuve. Alors qu’il avait demandé un visa double entrée et de deux mois (coûtant le double du prix d’un visa simple entrée), il s’aperçoit qu’on lui avait en fait fait un visa à entrée unique valable un mois. Pas de problème pour l’employé qui a sauvagement changé les informations (imprimées depuis un ordinateur) au stylo bille en disant que ça ne poserait pas de problème. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de ce cycliste en voulant entrer dans le pays…






Send to Kindle

4 commentaires sur “Visas et démarches administratives à Tashkent

  1. Pingback: Marché de nuit d'Ürümqi | Voyage Asie Centrale

  2. Pingback: A la découverte de l'Asie Centrale | Voyage Asie Centrale

  3. Pingback: Comment aller d'Ouzbékistan en Chine par le Kazakhstan? | Voyage Asie Centrale

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *