Khorog : porte d’entrée dans les Pamir

Khorog : porte d’entrée dans les Pamir

Marché afghan de Khorog, Tadjikistan | Voyage-asie-centrale.net

Trajet Dushanbe – Khorog

Le trajet pour Khorog depuis Dushanbe s’est bien passé. En plus d’avoir un conducteur sage et responsable, nous avions en plus une équipe de gens se rendant à Khorog pour une conférence sur la société civile et qui parlaient couramment anglais. Cela nous a grandement aidés quand des policiers verreux de 16 ans ont essayé de nous faire payer une fausse taxe d’entrée dans un territoire. Il a suffi de la part du plus âgé de nos compagnons de voyage d’un bon gros « Nous allons à une conférence importante à Khorog et les deux ici sont des invités de marque » pour qu’il nous laisse passer.

Au fur et à mesure qu’on s’éloigne de Dushanbe, les montagnes commencent à devenir de plus en plus hautes autour de nous, puis après être descendus tout droit vers le sud pendant près de la moitié du trajet, et après un col accidenté, nous avons pris vers l’est pour remonter la rivière Pyanj, qui fait la frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan. Avec la lumière qui commençait à descendre, et l’importance de cette région dans le trafic d’opium et autres drogues, Sab commençait à se faire du souci pour la sécurité avec de possibles rencontres avec des trafiquants. Une discussion rapide de notre chauffeur avec une petite patrouille nous a permis de savoir que tout semblait calme en ce moment. Les patrouilles de contrôle sont en fait des groupes de 5-6 jeunes soldats avec 3 poils sur le menton, tous maigres armés de vieilles mitrailleuses rouillées. Pas vraiment de quoi contrôler plusieurs centaines de kilomètres de frontières, mais au moins ils essaient.

Marché afghan de Khorog

Khorog n’apporte pas grand chose, malgré de très jolies montagnes aux alentours. Nous avons aimé nous poser sur le tapchan du restaurant du parc municipal avec une vue imprenable sur la rivière Gunt, mais à part se reposer et chercher un moyen de transport, il n’y a pas grand chose à faire dans la ville.

Malgré tout, l’un des attraits de Khorog est son marché afghan qui a lieu tous les samedis. Dans un principe similaire a celui d’Ishkashim mais en plus petit, il donne la chance à des afghans de venir vendre leurs produits du côté tadjik de la rivière Pyanj. C’était très agréable de voir leurs produits, de discuter avec un ancien coordinateur de la Croix Rouge qui a pu nous expliquer deux ou trois choses à propos du marché et des vendeurs. Ce qui l’était beaucoup moins et a été une bien trop grosse distraction a été la présence de deux tadjiks en costume, qui ont passé leur temps à surveiller (et même interroger de façon informelle) deux occidentales venues filmer le marché et qui nous surveillaient aussi un peu au passage. Nous les avons soupçonnés d’être des agents de la police ou du KGB local. Préférant ne pas avoir affaire à eux, nous ne nous sommes malheureusement pas trop éternisés au marché, mais aurions aimé en profiter plus. La semaine suivante, nous pensions pouvoir aller à celui d’Ishkashim pour nous rattraper, mais pour cause de visite présidentielle, il était annulé et une partie de la vallée de toute façon fermée au reste du monde…

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 Transports depuis Khorog

Notre principal passe-temps à Khorog aura été d’essayer de trouver une jeep pour aller à Murghab, la dernière « ville »  sur la Pamir Highway avant de bifurquer vers le Kirghizstan et la Chine. Pour cela, il faut aller à la gare routière et essayer de ne pas trop se faire arnaquer par les chauffeurs de jeeps collectives. S’il faut retenir une chose lors d’un trajet Khorog – Murghab, c’est qu’il ne faut pas essayer de le faire le dimanche, puisque moins de voitures font le trajet, et les chauffeurs mettent encore plus la pression sur les prix. Cela a été l’occasion d’une scène absurde. En discutant avec un chauffeur qui parlait anglais et à qui je demandais de traduire aux autres chauffeurs que soit je payais le prix local soit ils ne gagneraient simplement pas d’argent aujourd’hui, tous les chauffeurs ont été unanimes pour préférer rentrer à la maison sans un sou plutôt que d’accepter de ne pas voler un occidental. Le machisme tadjik à son comble, puisque chacun se doit de montrer qu’il est le mâle dominant… La marge de manoeuvre de mon interlocuteur était d’ailleurs limitée par son origine ethnique. Etant kirghize et les autres chauffeurs tous tadjiks, il préférait ne pas trop pousser puisque les deux communautés se détestent, et il savait que de toute façon les tadjiks ne lui (et moi par extension) ne lui feraient pas de cadeaux.

Hébergement à Khorog

Nous avons dormi au Lalmo Homestay, près de l’école, sur les hauteurs de Khorog. Elle et sa famille sont des personnes charmantes et très gentilles. Au-delà de ses excellentes confitures notamment de pomme, c’était très intéressant de discuter avec elle et sa fille de la vie au Tadjikistan. Sa fille voulait se lancer dans le droit, mais ne pouvait pas se permettre le pot-de-vin indispensable à tout étudiant en droit de 10 000 dollars au doyen de l’université pour avoir le diplôme. Et oui, pour pouvoir devenir avocat ou juge et travailler à faire respecter la loi dans le pays, il faut corrompre l’autorité de l’université. Ca donne une idée de l’ambiance dans le pays.

Lalmo est située juste à côté de la Pamir Lodge, qui peut être un endroit très pratique pour rencontrer d’autres gens avec qui louer un transport pour Murghab, par exemple.

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