Corridor du Wakhan

Haut lieu du commerce jadis entre la Chine et l’Afghanistan, le Corridor du Wakhan a compté parmi ses éminents visiteurs au-delà de nous des gens comme Marco Polo. Ca a ensuite été le théâtre du Grand Jeu que se sont livrés la Russie et l’Angleterre au 19ème siècle sur le contrôle de la région. Désormais la vallée où coule la rivière Wakhan est bien moins fréquentée du fait des différents trafics sur chacune de ses rives.

Descente du Corridor du Wakhan

Nous avons mis environ 5h, pauses incluses pour descendre la rivière depuis la route arrivant de Bulunkul et arriver à Langar.

En partant de Bulunkul, au lieu de suivre la M41 direction Khorog, nous sommes descendus directement vers la rivière Pyanj, frontière plus que perméable avec l’Afghanistan. Une fois passé un joli petit lac, nous roulons encore un peu avant de tomber sur un dernier poste de contrôle avant d’arriver enfin face au pays qui nous fait tous tant rêver dans la voiture : l’Afghanistan. On traverse quelques kilomètres de désert avec des sommets à 5000m autour de soi avant au détour d’un virage d’arriver sur le Corridor de Wakhan. La vue est à couper le souffle sur la vallée et au loin les sommets à 7000m du Hindu Kutch : « le Tueur d’Hindous », la chaine de montagnes qui fait la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Pour que ce trajet prenne tout son sens, je recommande plutôt de le faire d’Est en Ouest plutôt que l’inverse, sinon on rate la vue, et en plus la montée est très très violente par endroits, surtout en sortant de Langar.

Lac des Pamir | Voyage-asie-centrale.net Lac des Pamir | Voyage-asie-centrale.net
En route vers le Corridor du Wakhan! | Voyage-asie-centrale.net Corridor du Wakhan | Voyage-asie-centrale.net
IMG_2398 Corridor du Wakhan | Voyage-asie-centrale.net

Nous nous retrouvons comme des enfants face à un interdit. L’Afghanistan n’a jamais été aussi loin que lorsque seuls quelques mètres de large de la rivière nous séparaient du pays. De notre voiture, nous voyons parfaitement la piste qui reliait avant les abris des caravanes et aide encore maintenant à relier les villages entre eux. Nous sommes stupéfaits de voir l’état dans lequel est ce sentier : parfaitement plat et bien entretenu malgré le relief peu propice. Par endroits, il ne s’agit même que d’une petite passerelle en bois à flancs de falaise. Malgré tout, nous y avons croisé des gens qui menaient leurs troupeaux de moutons ou simplement des chameaux chargés se promenant seuls, et revenant sûrement chez eux au Tadjikistan avec une cargaison que nous avons imaginée être de l’opium. Pendant des kilomètres et des kilomètres nous nous sommes imaginés nous aussi marcher sur ce sentier dont les utilisateurs en habit traditionnel nous semblaient si exotiques et intéressants.

Vue sur l'Afghanistan depuis le Tadjikistan dans le Corridor du Wakhan | Voyage-asie-centrale.net

L’arrivée à Langar a marqué le retour à la « civilisation ». Là, notre journée a encore été ternie par une tentative d’arnaque sur le prix du repas qui m’a malheureusement mis de mauvaise humeur pour le reste du trajet. Néanmoins, lors de notre passage, mi-juin, la saison du colza battait son plein et la vallée devenait intégralement jaune. Ca faisait un très joli contraste avec les montagnes arides. Pour ne pas améliorer mon humeur, je me suis fait attaquer par un chien à Vrang en chemin pour les ruines du monastère bouddhiste. La visite m’a donc moins interpelé que si je n’avais pas été sauvé de justesse par Eric venu à la rescousse en criant sur le chien, deux grosses pierres à la main.

Arrivée à Langar, Corridor du Wakhan | Voyage-asie-centrale.net Corridor du Wakhan | Voyage-asie-centrale.net
Quelque part entre Langar et Vrang
Champ de colza à Vrang, Corridor du Wakhan | Voyage-asie-centrale.net Ruines du monastère de Vrang | Voyage-asie-centrale.net
Vrang

Le soleil étant passé derrière les montagnes, il était déjà temps de finir notre route vers Ishkashim, terminus de notre traversée du corridor de Wakhan. Nous pensions y voir le marché afghan du samedi, mais l’arrivée annoncée du dictateur président dans les jours à venir avait empêché la tenue de ce marché. Néanmoins, ce trajet reste un grand moment de notre voyage au Tadjikistan voire même de tous nos voyages en général. Les paysages sont vraiment à couper le souffle (surtout si on fait du vélo, mais pour d’autres raisons) et la proximité de l’Afghanistan et tous les rêves qu’il peut éveiller n’est qu’une autre raison pour visiter cette superbe région.

 

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