Shakhrisabz, la ville de Tamerlan

A un peu plus d’une heure en voiture, Shakhrisabz restera un excellent souvenir de l’Ouzbékistan, en étant notre dernier passage dans une ville « historique » dans le pays. Ce qui nous aura marqué aura été moins les bâtiments et tout l’aspect historique et légendaire de la ville, mais plutôt les rencontres que nous y avons faites. Etant de bien plus petite taille et moins touristique que ses « rivales » ou « cousines », Shakhrisabz permet un contact beaucoup plus simple avec la population qui nous a marqués sur l’hospitalité et la gentillesse. Ce n’est pas pour rien que depuis Shakhrisabz, dès que quelqu’un est gentil avec nous, on le soupçonne d’être ouzbek ou d’avoir fait un stage là-bas…

Vente de fruits secs au marché de Shakhrisabz - Shakhrisabz, Ouzbékistan

Après les flics corrompus au Registan, la visite de la fabrique de tapis en soie nous avait remis de meilleure humeur, mais nous voulions d’une certaine manière un peu fuir Samarcande, qui était un peu trop peuplée et moderne après les jours passés dans des plus petites villes. Nous avons donc pris un taxi collectif devant le Registan pour Shakhrisabz avec la ferme intention d’y passer la nuit. Après une heure de trajet à travers les montagnes Fan qui ressemblaient énormément aux pâturages alpins, nous arrivons près du monument à Tamerlan, le héros local. Avant de partir manger, nous passons déposer nos affaires chez Shakhrisabz Tours & Travel, qui en plus d’organiser des tours dans les montagnes loue aussi une grande chambre dans la maison familiale, où nous sommes restés deux nuits et avons été accueillis comme des rois.

Tamerlan

Au moment de l’indépendance, en quête d’un héros local pour pouvoir justifier une politique très patriote (cf l’Ouzbékistan à l’ère de l’identité nationale : Travail, science, ONG), le président Islam Karimov s’est tourné vers Tamerlan. Né le 8 avril 1336, c’est un descendant de Gengis Khan et ancêtre de Babur, le futur premier empereur Moghol, son empire, qui deviendra l’empire Timouride, s’étendit à son apogée sur l’Ouzbékistan, l’Iran, l’Afghanistan, du Tadjikistan et s’étendait au-delà de Bagdad. Fervent musulman, il est responsable de la construction de nombreux chefs d’œuvre architecturaux en Asie Centrale, notamment le Registan de Samarcande, mais est aussi connu pour les atrocités qu’il a commises à Bagdad, Dammas, et surtout Delhi. Ses restes se trouvent au mausolée Gour-Emir à Samarcande.

Marché de Shakhrisabz

Le marché se trouvant sur le chemin pour la mosquée Kok Gumbaz et le complexe Khazrati Imam, nous ne manquons pas l’occasion d’y faire un saut, d’autant qu’il est beaucoup moins moderne que le marché de Boukhara ou celui de Mirobod à Tashkent. On y trouve principalement des biens alimentaires, avec tous les vendeurs d’un même type de produits les uns à côté des autres. Comme d’habitude, nous marchons dans l’indifférence générale, sauf les fois où nous nous posons un peu devant l’étal d’un vendeur. Dans ce cas, nous sommes accueillis avec un sourire. Le plus intéressant était celui de la vendeuse de sucreries qui en plus des bonbons proposés chaque fois qu’on nous offre le thé, j’ai été très amusé par les gros blocs de sucre mis un peu en pyramide. En chemin pour la mosquée Kok Gumbaz, nous passons devant de nombreux vendeurs d’aneth, qui aromatisent les rues d’une douce odeur, et sommes salués tous les 10m par des salaam haleikum accompagnés d’un sourire. Bref, c’est du bonheur.

Entrée du marché - Shakhrisabz, Ouzbékistan

Ambiance au marché - Shakhrisabz, Ouzbékistan

Hot dogs chez le boucher - Shakhrisabz, Ouzbékistan

Entrée du marché Vendeurs d’herbes Hot dogs chez le boucher
Porteurs au bazar - Shakhrisabz, Ouzbékistan Vendeuse de salades - Shakhrisabz, Ouzbékistan Vendeuse de sucreries - Shakhrisabz, Ouzbékistan
Porteurs à l’entrée du marché Vendeuse de salades Vendeuse de bonbons et sucreries

Mosquées Kok Goumbaz et complexe Khazrati Imam

La mosquée Kok Gumbaz fut une nouvelle bonne surprise. Nous avons beaucoup aimé le fait qu’elle soit encore utilisée comme un lieu de culte, et qu’il n’y ait pas de touristes. Les seuls que nous ayons vus étaient des dignitaires locaux qui venaient faire une visite sur place. A l’entrée, on croise des graveurs de pierres tombales très élaborées. C’est le gros business local puisqu’on a vu pas mal de ce genre de graveurs. Il faut croire que les habitants de Shakhrisabz font très attention à leur pierre tombale, avec généralement un portrait du défunt, des décorations en frises sur les contours, etc.

Pour notre deuxième jour à Shakhrisabz, nous sommes retournés dans le complexe de Khazrati Imam pour chercher un peu de « calme » (même si Shakhrisabz est vraiment très très calme) pour planifier notre voyage. Nous arrivions à la fin de notre séjour en Ouzbékistan et devions prendre une décision sur la suite : tenter coûte que coûte d’aller au Kirghizstan alors que c’était toujours la révolution sur place, ou aller en Chine par le Kazakhstan avant d’aller au Tadjikistan. Alors que nous nous approchions de la décision et que Sab se faisait à l’idée d’aller en Chine, nous avons reçu une visite assez inattendue. Le muezzin de la mosquée nous avait vu et venait nous souhaiter la bienvenue. Après 15mn de tentatives linguistiques plus ou moins fructueuses à cause de la barrière de la langue, à essayer de discuter de ce que nous faisions ici, si nous étions mariés, avions des enfants, etc. il nous prend en sympathie et nous fait une petite visite guidée.

Le complexe était à une époque composé notamment d’un grand palais mais il ne reste désormais plus que deux tombes, Jehangir, le fils préféré de Tamerlan et d’un autre fils, Umar Sheikh. En nous montrant la tombe de Jehangir, il nous invite à nous assoir sous la haute voute et se met ensuite soudain à chanter une prière pendant quelques minutes. J’avoue avoir eu quelques frissons dans le dos à ce moment. Il faut savoir que Shakhrisabz est l’une des rares villes à avoir encore un muezzin et surtout le droit de faire l’appel à la prière. Depuis les incidents d’Andijon en 2005, le président Karimov ne veut plus entendre parler de quoi que ce soit qui s’approche un peu de la religion et toute personne qui semble un peu trop fervente se transforme rapidement en cible pour se faire harceler par la police.

Mosquée Kok Goumbaz - Shakhrisabz, Ouzbékistan Mosquée Khazrati Imam - Shakhrisabz, Ouzbékistan Les restes du palais - Shakhrisabz, Ouzbékistan
Prière dans la
mosquée Kok Goumbaz
Heure de la prière à la
mosquée Khazrati Imam
Restes d’un mur du palais

Hospitalité et générosité

Au-delà des bâtiments et de l’histoire, notre souvenir de Shakhrisabz tient aux rencontres que nous y avons faites. Après notre rencontre avec le muezzin, nous avons décidé de nous enfoncer un peu dans les ruelles derrière le complexe. En passant à une petite place, nous remarquons un groupe de vieux messieurs assis sous le porche d’une maison, en nous disant qu’ils pourraient faire de superbes mannequins si on osait leur parler et leur demander de les prendre en photo. Finalement, ce sont eux qui nous font signe de venir les voir. Nous nous retrouvons à passer un peu plus d’une heure à discuter avec eux dans la mesure de nos capacités linguistiques, donc en communicant avec un peu d’anglais, allemand, russe, français et beaucoup les mains. L’un d’eux arrive à nous faire comprendre qu’il écoute tous les jours Radio France International en russe car c’est pour lui une source d’informations fiable et non-biaisée, et la France est pour lui le symbole de la démocratie et de la liberté. J’aurais aimé pouvoir lui parler du népotisme de Sarkozy et tout le copinage à haut niveau dans le pays depuis quelques années, mais il valait peut-être mieux ne pas trop partir sur ce sujet.

Sur la fin, l’un de ces messieurs nous invite à prendre le thé chez lui. Nous nous retrouvons donc sur le tapchan de la maison, devant le potager au fond duquel ils ont une vache. Alors que nous ne le connaissons pas, nous sommes accueillis avec un grand plateau couverts de bonbons, biscuits et de pain pour prendre le thé. Une de ses petites filles parle un peu anglais et nous aide à communiquer. Au-delà de son hospitalité, cet homme m’évoque toujours la vie en URSS. Il était très fier de nous dire les villes de l’Union où il avait pu aller pour son travail. Ca aurait été très intéressant de pouvoir discuter avec lui de ce que l’indépendance a changé dans sa vie, s’il en éprouve de la nostalgie, etc. Nous repassons le voir le lendemain matin pour donner des bonbons en remerciements, en nous demandant d’abord si ce ne sera pas insultant.

L’autre signe presque choquant d’hospitalité est venu au moment de notre départ. Nous demandions au propriétaire de l’auberge comment rentrer sur Samarcande et comme il nous expliquait comment rejoindre le point de départ des taxis collectifs, son père entre dans la conversation et finit par nous emmener. Je pensais qu’il allait nous guider à un arrêt de marshrutka, tout simplement. Au lieu de ça, il a pris la marshrutka avec nous jusqu’au point de départ des taxis, a refusé que nous lui payions le trajet en marshrutka, s’est assuré que notre chauffeur de taxi ne nous arnaquait pas (j’ai bien vérifié, et nous avons payé comme le couple de locaux qui partageait la voiture avec nous) et a attendu que le taxi parte pour ensuite rentrer, sans oublier de nous faire des signes en nous souriant. Cet exemple de gentillesse désintéressée reste pour nous un exemple de ce vers quoi nous devrions essayer de tendre. Malheureusement, prendre le métro parisien tous les jours avec des gens agressifs et déprimés rend la tâche parfois un peu dure. On devrait envoyer ce monsieur faire des formations à Paris. La vie serait bien meilleure ainsi!






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Mosquées et médersas à Boukhara

Après un petit déjeuner qui sera typique des « Stan » visités (du pain, du thé et un peu de confiture), on retourne se balader dans Boukhara. Boukhara étant une ville sainte en plus d’être une ville majeure de la route de la soie, nous partons donc à la chasse à la mosquée et à la médersa, déjà tout excités à l’idée d’enfin voir de près ces superbes mosquées à dômes bleus. Cette fois, il fait beau et surtout on a plus d’énergie pour pouvoir pousser plus loin que la veille. La journée a été riche en découvertes, avec quelques visites vraiment marquantes.

Médersa Mir i Arab depuis la Mosquée Kalon - Boukhara, Ouzbékistan

Médersa Abdoul Aziz Khan et Médersa Oulougbek

Après avoir traversé deux marchés fort sympathiques, nous tombons sur la place où la médersa Abdoul Aziz Khan et la médersa Oulougbek se font face. Nous commençons par la Abdoul Aziz, qui bien que jolie avec ses arches et mosaïques bleues montre clairement des signes de fatigue, avec de nombreuses façades de mosaïques qui tombent en ruine. De l’herbe pousse entre les briques au milieu de la cour sous l’œil las des vendeurs de souvenirs qui semblent fatigués de voir si peu de touristes.  On y reste un peu avant d’aller voir la médersa Oulougbek, qui sans être la plus impressionnante m’a beaucoup plu pour le calme et l’authenticité qui s’en dégageaient. Ici, pas de touristes ni de vendeurs de souvenirs (à part rapidement à l’entrée). Construite en 1417 par Oulougbek, elle fut l’un des premiers édifices bâtis sous son règne. Il fit construire d’autres médersas notamment à Samarcande, dont il était d’abord le gouverneur avant d’accéder au trône des Timourides en 1447.  La médersa est en légèrement meilleur état que la médersa Abdoul Aziz Khan, mais surtout, on peut entrer dans les cellules et on se prend à avoir une vision romantique de cellules sommairement meublées dans lesquelles des jeunes viennent apprendre le Coran pendant des heures, en silence. Ce qui est le plus surprenant, est que chaque cellule a une disposition différente, certaines en duplex, d’autres juste sur un niveau, ou avec une cheminée, etc. Un jeune local nous propose de visiter quelques cellules à l’étage en l’échange de quelques milliers de sum, mais préférant ne pas cautionner ce système, nous refusons. C’est dommage parce que le petit côté Indiana Jones de la découverte de ces cellules était vraiment très sympa.

Sans guide, il sera dur d’en voir plus, mais cette médersa est à peu de chose près celle que nous avons trouvé la plus authentique, après évidemment la médersa Mir i Arab.

Médersa Ouloug Beg - Boukhara, Ouzbékistan

Fenêtre d'une cellule de la Médersa Ouloug Beg - Boukhara, Ouzbékistan

Décoration d'un mur de cellule, médersa Ouloug Beg - Boukhara, Ouzbékistan

Façade d’un mur de la cour de la médersa Oulougbek Fenêtre d’une cellule de la médersa Oulougbek Détail d’un mur de cellule de la médersa Oulougbek



Encore tout excités des instants que nous venons de passer dans la médersa Oulougbek, nous nous éloignons encore un peu plus du centre-ville et apercevons la silhouette de deux grandes mosquées avec un grand minaret, et nous disons naïvement que ça doit encore être deux beaux bâtiments comme il s’en fait plein à Boukhara. Le résultat est largement au-dessus de nos attentes puisque nous arrivons directement sur la place composée de la mosquée Kalon avec son minaret et la sublime médersa Mir i Arab.



Mosquée et minaret Kalon

La mosquée Kalon aurait été construite en 1517 soit un siècle après la médersa Oulougbek. On y entre par une façade massive toute recouverte des mosaïques bleues qui font la célébrité des mosquées d’Ouzbékistan et par une porte en bois richement travaillée. L’intérieur est tout aussi impressionnant avec une grande cour au fond de laquelle on retrouve une façade assez similaire mais plus petite, et tout autour, des galeries soutenues par des colonnes. A l’époque, la cour pouvait accueillir jusqu’à 12 00 fidèles pour la prière du vendredi, mais aujourd’hui, il n’y a quasiment plus personne aux services. Au-delà de son rôle traditionnel pour appeler les fidèles à la prière, le minaret a eu plusieurs fonctions assez profanes au fil des ans. Du haut de ses 45m, il a servi de tour de guet pour surveiller l’arrivée des armées ennemies, de phare pour les caravanes dans le désert, et de lieu d’exécution pour les criminels qu’on jetait depuis son sommet. On a la bonne surprise de voir qu’il y a plus de touristes ouzbeks qu’étrangers dans la mosquée et les environs. C’est lié à la fois à la situation économique d’une partie de la population, mais aussi au fait que les tours organisés commencent à Samarkand ou Khiva le lundi et arrivent à Boukhara à partir du mardi. En visitant cette partie de la ville un lundi, nous étions donc quasiment les seuls touristes étrangers. Arrivés en fin d’après-midi, nous sommes de toute façon quasiment les seuls touristes encore présents dans les environs, et nous nous régalons de voir la population locale traverser la place pour rentrer chez elle, avec l’air aussi blasé que quand nous traversons la cour du Louvre pour passer à pieds de la ligne 1 à St Germain en passant par le Pont des Arts.

Porte de la mosquée Kalon - Boukhara, Ouzbékistan

Cour de la Mosquée Kalon - Boukhara, Ouzbékistan

Façade la Mosquée Kalon - Boukhara, Ouzbékistan

Porte de la cour de la
Mosquée Kalon
Cour de la Mosquée Kalon Mosquée Kalon depuis la
médersa Mir-i-Arab

Entrée dans la cour de la Mosquée Kalon - Boukhara, Ouzbékistan

Façade extérieure de la Mosquée Kalon - Boukhara, Ouzbékistan

Mosquée et Minaret Kalon - Boukhara, Ouzbékistan

Entrée dans la cour de la
Mosquée Kalon
Façade extérieure de la
Mosquée Kalon
Mosquée et Minaret Kalon



Médersa Mir i Arab

De toutes les médersas que nous ayons vues, la médersa Mir i Arab était la seule à être encore utilisée comme lieu d’enseignement religieux (ou simplement même juste religieux) et non comme magasin à souvenirs, mais surtout à mon sens la plus belle. C’est celle qui m’a le plus touché, peut-être parce qu’on y a encore des activités religieuses, ou parce que seuls les étudiants de l’école ont le droit d’aller au-delà de l’entrée, ce qui rendait l’endroit encore plus fascinant. L’entrée est surveillée par un garde qui fera gentiment remarquer que vous n’avez pas le droit d’entrer au-delà d’un petit hall, d’où on peut voir la cour intérieure, et la table de ping pong savamment placée devant l’entrée. Au moment de mon premier passage, j’ai pu y voir des étudiants s’amuser sur la table pendant qu’un de leurs camarades était accroupi à côté d’eux à lire le Coran. C’était du bonheur de pouvoir enfin en Ouzbékistan trouver une ambiance un peu sacrée dans un lieu de culte. Bizarrement, j’y ai retrouvé l’ambiance des monastères bouddhistes tibétains du Sikkim, Yunnan ou Himachal Pradesh.

Etudiants de la médersa Mir i Arab - Boukhara, Ouzbékistan

Garde de la médersa Mir i Arab - Boukhara, Ouzbékistan

Dômes de la médersa Mir i Arab - Boukhara, Ouzbékistan

Etudiants de la médersa Mir i Arab Garde de la médersa Mir i Arab Dômes de la médersa Mir i Arab

Médersa Mir i Arab - Boukhara, Ouzbékistan

Médersa Mir i Arab depuis la Mosquée Kalon - Boukhara, Ouzbékistan

Médersa Mir i Arab - Boukhara, Ouzbékistan

Discussion à Mir i Arab Médersa Mir i Arab depuis
Mosquée Kalon
Entrée de la médersa Mir i Arab



Médersa Gozyion : la médersa abandonnée

Dans un style très différent des beautés ou de l’ambiance de la médersa Mir i Arab ou la Mosquée Kalon, la médersa Gozyion a été un de nos coups de coeur. Notre auberge, chez Mubinjon, n’ayant pas de douche, nous sommes allés profiter des bains publics utilisés non-touristiques (ou du moins on n’en a pas vu).

Façade de la médersa Gozyion - Boukhara, Ouzbékistan

Intérieur de la médersa Gozyion - Boukhara, Ouzbékistan

Plafond de la médersa Gozyion - Boukhara, Ouzbékistan

Façade de la médersa Gozyion Intérieur de la médersa Gozyion Plafond de la médersa Gozyion



En chemin, nous sommes tombés sur cette médersa. Contrairement à la plupart des autres médersas et mosquées, celle-ci était complètement à l’abandon, avec une façade qui tombait en ruines, un arbre qui avait poussé dans la cour, etc. Cet aspect décrépit lui donnait beaucoup de charme, et elle en avait d’autant plus qu’elle était dans une zone vraiment de vie, donc avec aucun magasin à souvenirs et plutôt des magasins « normaux » donc de bouffe, etc. Ce sera notre dernière médersa vue à Boukhara et elle nous laissera le sentiment léger d’un bâtiment riche en histoire, dans lequel beaucoup de choses ont du se produire, et qui finalement a vraiment une âme, beaucoup plus que toutes les mosquées en parfait état qu’on a pu voir à Boukhara puis dans le reste de l’Ouzbékistan.

La restauration des bâtiments a été un grand sujet de conversation avec tout le monde qu’on a rencontré, à se « plaindre » de voir que tout a à peine 15 ans. Nous partions du point de vue absurde que seuls les pays occidentaux avaient le droit d’avoir des bâtiments en bon état et que les pays pauvres se devaient de n’avoir que des ruines pour donner le charme « romantique » et « authentique » d’endroits qui n’ont pas été rattrapés par la « modernité » occidentale. Après réflexion et avoir remarqué que maintenant que Notre Dame est comme neuve et plus blanche que blanche, elle est quand même beaucoup plus belle, on a accepté l’idée de voir le Registan de Samarcande comme neuf, ou Mir i Arab qui donne l’impression que les ouvriers viennent de quitter le chantier. Heureusement, les restaurations ont été faites un peu n’importe comment, donc les bâtiments retapés il y a 15 ans tombent déjà un peu en ruines!


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